LE BLOG

⎯⎯ 05 Mars 2026
La hantise de tout Responsable Pédagogique
Le cours du matin vient de se terminer et soudain, le Teams de la promo s'enflamme. Les délégués débarquent dans votre bureau : "On n'a rien compris", "Il a juste lu ses slides", "Il nous a pris pour des bachelors"…
L’intervenant, lui, a fermé son ordinateur et est rentré chez lui avec le sentiment du devoir accompli. Après tout, il a 10 ans d'expérience et maîtrise son sujet.
Mais de notre côté, en coulisses, la machine s'emballe... Et je peux vous dire que ce n’est jamais une partie de plaisir !
1. Le bureau des pleurs :
Il faut gérer l'urgence. Écouter la frustration des étudiants, calmer le jeu et promettre que la suite du module sera réajustée. C'est un temps et une énergie folle pour des équipes pédagogiques déjà sous l'eau.
2. L'impact sur la réputation :
Un cours raté, c'est une perte de confiance immédiate envers l'école. C'est le risque d'un mauvais avis de l'étudiant, ou pire, d'un décrochage vis à vis de la formation.
3. Le dilemme humain :
C'est le plus difficile. On a recruté ce freelance pour son expertise. Comment lui dire avec tact que le retour des étudiants n’a pas été bon ? Comment le recadrer sans froisser son ego de professionnel reconnu ?

La vérité est rude, mais il faut la dire : Être un excellent professionnel ne fait pas de vous un bon formateur.

PS : C’est le Printemps comme dans ce tableau de Georges Seurat, La Seine à la Grande Jatte, 1888. 🌷 Avez-vous déjà regardé une toile pointilliste de très (très) près ? Face à cette œuvre, si vous collez votre nez à la toile, vous ne verrez qu'une accumulation chaotique de milliers de petits points de couleur.
C'est flou, incompréhensible.
Pour que la magie opère et que la scène apparaisse, il faut faire un pas en arrière. Un expert qui "déçoit" sa classe, c'est exactement ça. Il a le nez collé sur ses "points" : son jargon métier, ses concepts pointus, ses raccourcis mentaux.
La pédagogie, c'est l'art d'aider l'étudiant à faire ce pas en arrière pour qu'il puisse comprendre enfin le tableau dans son ensemble.
Caroline Chiarotto
Co-fondatrice EdSquadra

⎯⎯ 26 Février 2026
Quelle joie de transmettre à nouveau
Ce matin, je ressens un frisson que je connais bien, mais qui m'avait manqué. Celui de la "rentrée des classes".
Le tout premier Bootcamp EdSquadra a officiellement ouvert ses portes et notre premier Live aura lieu dans quelques heures.
Quelle joie de transmettre à nouveau ! De faire bénéficier de nos années d'expérience dans la pédagogie et la direction d’école à notre toute première promotion de professionnels talentueux.
Après avoir accompagné des centaines d'intervenants et d'étudiants avec Vincent, on est vraiment heureux d’aider ces experts du terrain à sauter le pas vers l'enseignement, à structurer leurs savoirs, à trouver leur posture et à devenir les formateurs inspirants que les étudiants méritent.
Hâte !

On est vraiment heureux d’aider ces experts du terrain à sauter le pas vers l'enseignement.

PS : Voici en "En Angleterre (Eugène Manet à l’île de Wight), 1875" de Berthe Morisot. Impossible de parler de vocation sans penser à cette peintre impressionniste.
Elle qui rencontre Eugène Manet en 1868 et qui attendra 6 ans avant de l'épouser... La raison ? À l'époque, le mariage signait souvent la fin de la carrière d'une femme. Pour protéger sa liberté de peindre, elle a bravé tous les diktats.
Dans cette toile, c'est d'ailleurs la femme artiste qui immortalise son mari, inversant les rôles traditionnels.
Transmettre est ma vocation profonde depuis 15 ans. Tout comme Berthe n'a jamais lâché ses pinceaux, lancer le Bootcamp EdSquadra est le prolongement d'une passion viscérale qui aujourd'hui se matérialise en donnant les clés de la pédagogie à ceux qui inspireront les étudiants de demain.
Caroline Chiarotto
Co-fondatrice EdSquadra

⎯⎯ 24 Février 2026
La malédiction
de la
connaissance
Avez-vous déjà entendu parler de la "malédiction de la connaissance" ?
C'est un biais cognitif qui survient lorsque, maîtrisant parfaitement son métier depuis des années, notre cerveau "oublie" les étapes par lesquelles il est passé pour l'apprendre. Il nous devient alors très difficile de nous mettre à la place d'un débutant.
Résultat, lors d'un premier cours face à des étudiants :
➞ On survole les bases estimant qu’elles sont faciles ou déjà apprises
➞ On va trop vite en oubliant le temps qu’il faut pour intégrer une nouvelle notion
➞ On utilise du jargon métier sans s'en rendre compte et sans expliquer celui-ci
Bref, on perd la moitié de la classe en 15 minutes…

On survole les bases estimant qu’elles sont faciles ou déjà apprises.

L'expertise technique, vous l'avez. Mais la pédagogie, c'est l'art inverse.
C'est la capacité à déconstruire une matière devenue instinctive pour vous, afin de la rendre digeste étape par étape.
Créer un brief de projet limpide, séquencer ses 3 heures de cours en "sprints" d'attention, poser un cadre dès les 5 premières minutes... C'est exactement ce qu'on vous transmet avec Vincent dans le Bootcamp EdSquadra !
PS : Cette idée d'aller à l'essentiel me fait penser au travail d'Henri Matisse à la fin de sa vie. Avec les Nus bleus (ici, Le Nu Bleu II assis.), il a arrêté de peindre des détails complexes pour "dessiner avec des ciseaux". Il taillait directement dans la matière pour ne garder que la forme pure. Magique !
La pédagogie, c'est un peu ça : prendre ses ciseaux, couper le jargon superflu, et livrer aux étudiants un concept brut, clair et impactant.
Caroline Chiarotto
Co-fondatrice EdSquadra

⎯⎯ 11 Février 2026
Le Sens
de
la fête
Vous êtes peut-être l’intervenant que les écoles évitent de rappeler.
Si vous avez vu "Le Sens de la fête", vous connaissez le personnage de Jean-Pierre Bacri.
C’est le mec au milieu du chaos. Le mariage part en vrille, l’orchestre fait n’importe quoi, la glace fond... mais il ne panique pas.
Une équipe pédagogique, c’est exactement ça.
Leur quotidien c’est : Le planning qui part en sucette le lundi à 8h, un intervenant injoignable, des étudiants qui râlent et les dossiers qui s’empilent.
Bref, ils éteignent des incendies avec un verre d'eau toute la journée.
Alors ils font comme Bacri, “Ils s’adaptent” et ils gardent la tête froide.

Ils éteignent des incendies avec un verre d'eau toute la journée.

Donc si vous les contactez avec le mauvais discours, vous êtes juste une tâche de plus sur leur liste, une potentielle perte de temps.
Heureusement avec la bonne approche vous pouvez devenir un atout indispensable.
C’est un des sujet nous avons abordé avec Caroline lors de notre Webinaire "Comment (enfin) franchir les portes des écoles."
Vincent Chiarotto
Co-fondateur EdSquadra

⎯⎯ 19 Février 2026
Le soir
de la
cérémonie
Vendredi dernier, lors de la remise des diplômes de l’ECV Bordeaux, j'ai pu "tomber le masque".
Pendant 10 ans, j'ai tenu ce rôle de Directrice Pédagogique, de figure semi parentale : celle qui rassure, qui pose le cadre, qui encourage et, quand il le faut, qui recadre. Une posture parfois un peu rigide, mais absolument nécessaire pour tenir la barre.
Mais le soir de la cérémonie, tout change. Ce n'est pas parce que j'ai une coupe à la main que je me livre, c'est parce que mon rôle institutionnel est terminé.
Pendant leurs années de Mastère, j'ai appris à connaître mes étudiants : leur humour, leurs combats, leurs doutes, là d'où ils viennent et là où ils veulent aller.
Alors ce soir-là, le pont se crée enfin et on a pu parler de la vraie vie.
Des meilleures pizzas à Bordeaux, de mon amour pour la musique italienne, de l’outil incroyable qu’est l'IA pour lever des freins, de leurs projets entrepreneuriaux, de leurs évolutions salariales, de leurs recherches d’emploi... (Coucou Fabio, Sylvestre, Olivia et tous les autres).

Ce n'est pas parce que j'ai une coupe à la main que je me livre, c'est parce que mon rôle institutionnel est terminé.

J'ai pu aussi leur raconter les coulisses de mon ancien métier et à quel point j'avais aimé les accompagner.
Parce que oui, quand je te dis, Thomas, de m'écrire pour me raconter si la suite s’écrira pour toi à Marseille ou à Paris... ça m'importe profondément.
PS : Pour illustrer ce post, j'ai choisi "Fleurs de bistrot" (Paris, 1971) de Robert Doisneau. Pour le bistrot parisien, la délicatesse des fleurs gravées sur la fenêtre, la femme au regard déterminé et serein à la fois, et ces casques de moto posés sur la table.
Cela illustre parfaitement ce que j'ai ressenti vendredi soir : le moment où l'on retire l’"armure" pour se poser un instant et parler de la vraie vie avant de reprendre la route.
Caroline Chiarotto
Co-fondatrice EdSquadra

⎯⎯ 12 Février 2026
Vous n'avez pas besoin d'attendre
10 ans pour enseigner
"Je ne me sens pas assez “experte” pour enseigner."
C’est ce que m’a dit une de mes anciennes étudiantes. Pour elle, le mot "Expert" rime avec cheveux gris et 15 ans de carrière.
Spoiler : C’est une erreur qui vous prive de superbes opportunités.
La vérité, vue de la direction d’une école ? On ne cherche pas seulement des pointures de leur secteur. On cherche aussi des intervenant·es avec des savoirs spécifiques, actuels et surtout en phase avec les réalités des métiers d’aujourd’hui.
Pourquoi votre profil (2, 3 ou 5 ans d'expérience) va intéresser les écoles :
➞ La maîtrise des savoirs "brûlants"
Les écoles de Design, par exemple, ont déjà leurs profs référents sur Photoshop ou Illustrator. Ce qu'elles cherchent, parfois désespérément, ce sont des intervenants sur l'IA, le No-code, le Motion ou l'UX writing. Des sujets que vous pratiquez au quotidien en agence ou en freelance.
➞ La proximité générationnelle
Entre un pro de 50 ans et un étudiant de 20 ans, il y a parfois un fossé culturel immense. Vous, vous parlez la même langue. Vous comprenez leurs références, leurs codes et leurs doutes, car vous étiez à leur place il n'y a pas si longtemps. Cette proximité peut être une force pédagogique incroyable pour transmettre.
➞ L'énergie du "Faire"
Vous n'enseignez pas une théorie apprise dans les livres, mais ce que vous avez produit la veille pour un client. Cette authenticité là, les étudiants l'adorent.

Entre un pro de 50 ans et un étudiant de 20 ans, il y a parfois un fossé culturel immense.

Alors non, vous n'avez pas besoin d'attendre 10 ans pour pousser la porte d'une école en tant qu'intervenant·e.
Ce qu'il vous manque, ce n'est pas de l'expérience métier. C'est la méthode pour transformer votre savoir tout neuf en un cours structuré, sans vous faire dévorer par le stress ou par une classe de 20 étudiants.
C'est précisément le rôle du Bootcamp EdSquadra que nous avons créé avec Vincent : vous donner la posture et les outils pour que votre "jeunesse" devienne votre meilleur atout pédagogique.
PS : Aujourd’hui, j’ai choisi un mobile d'Alexander Calder, Untitled 1939, pour illustrer ce post.
Pour moi, cette œuvre est le symbole de ce qu'est un bon intervenant : une structure solide mais capable de s'adapter et de rester en mouvement permanent.
Caroline Chiarotto
Co-fondatrice EdSquadra

⎯⎯ 03 Février 2026
Ce que j'ai compris en animant mon premier webinaire
Jeudi dernier, je me suis prêtée à un "exercice de style" un peu particulier.
Moi qui ai passé des centaines d’heures à enseigner derrière un écran pendant le Covid, je pensais être en terrain connu. Mais un webinaire, c’est encore autre chose...
Il faut délivrer un maximum de valeur dans un temps court, pitcher sa solution pour aller plus loin (notre Bootcamp), tout en gérant ce monologue étrange.
La vérité ? Enseigner sans interruption, c'est bizarre.
En classe, on s'arrête pour répondre aux questions. Une main levée, c’est une opportunité d’approfondir, de donner un exemple concret, de digresser...
En webinaire, on parle à un écran silencieux en espérant que le message passe.
Heureusement, dans mon public, il y avait quatre de mes anciennes étudiantes (de ma toute première classe de DA Dig !) : Thélise, Manon, Karen et Emma. Voir leurs petites têtes et leurs messages dans le chat m'a vraiment aidée. Merci d'avoir été ma "safe zone".

Certain·es de mes ancien·nes intervenant·es me disent que des conseils donnés il y a une décennie les aident encore dans leur pratique quotidienne.

Ce Bootcamp, au fond, on l’a créé pour elles. Pour eux.
Pour tous ces ancien·nes étudiant·es qui me disent aujourd’hui leur envie de passer de l'autre côté et de devenir intervenant·es à leur tour.
Il y a 10 ans, quand j'étais Directrice Pédagogique, j'avais encore ce temps précieux pour accompagner individuellement chaque nouveau formateur. Pour leur donner les codes, partager mon expérience, les rassurer...
Aujourd'hui, avec Vincent, on a décidé de recréer cet espace de transmission.
Certain·es de mes ancien·nes intervenant·es me disent que des conseils donnés il y a une décennie les aident encore dans leur pratique quotidienne. C’est la plus belle des récompenses, et c’est exactement ce qu’on a mis dans le Bootcamp EdSquadra.
Merci à mes anciennes étudiantes pour leur soutien. Il faut croire qu'on ne finit jamais vraiment de transmettre.
PS : Je n'ai pas de passion pour me mettre en scène... En revanche, j'en ai une pour l'Art. Merci à Claude Monet et son magnifique "Impression, soleil levant" d'illustrer ce post.
Caroline Chiarotto
Co-fondatrice EdSquadra
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